Votre Cerveau sur le changement, Partie 1: Le détournement de l’Amygdale

par Kevin Thomas, Learning &Responsable du développement

Dans la prochaine série de messages, nous essaierons de mieux comprendre comment notre câblage neurologique nous prédispose pour se rapporter au changement. À bien des égards, ce câblage représente un obstacle — notre cerveau n’aime pas beaucoup le changement. La description de ces obstacles remplit deux fonctions. Premièrement, cela nous aide à valider nos propres expériences, et donc à avoir plus de compassion et d’acceptation pour nous-mêmes lorsque nous luttons. Deuxièmement, ce n’est que lorsque nous comprenons les contours particuliers d’un obstacle que nous pouvons identifier des stratégies pour le surmonter ou le contourner. Comme l’a dit Marc Aurèle,  » Ce qui fait obstacle, c’est le chemin. »Ainsi, chacun de ces postes comprendra à la fois une composante diagnostique, ainsi que certaines prescriptions.

L’amygdale est l’une des deux amas de cellules en forme d’amande profondément dans le cerveau. L’amygdale reçoit des informations sur le monde extérieur d’autres parties du cerveau. Sa fonction de base est de déterminer si nous sommes confrontés à une menace et, dans l’affirmative, de mobiliser une réponse à celle-ci. Dans le désert de notre passé évolutif, un faux négatif sur cette vérification de la menace (c’est-à-dire ne pas identifier une menace) coûtait beaucoup plus cher qu’un faux positif (c’est-à-dire croire à tort que quelque chose est dangereux). L’amygdale a donc un déclencheur capillaire dans sa recherche de menaces. S’il rencontre quelque chose d’inconnu, il est susceptible de sonner l’alarme.

Une fois qu’elle détermine qu’il y a une menace, l’amygdale déclenche un tas de réactions physiologiques associées à notre réponse de combat ou de fuite. Nous sommes susceptibles de ressentir plus d’anxiété ou de colère. Si la réponse est assez forte, elle perturbera soudainement notre capacité à penser clairement, à planifier ou à moduler nos émotions. Nous pourrions nous retrouver à faire ou à dire quelque chose que nous regretterons plus tard. Daniel Goleman, le pionnier dans le domaine de l’intelligence émotionnelle, appelle cela le détournement de l’amygdale. En ce moment, nous sommes entourés d’une situation inconnue qui est très menaçante. Nos amygdales sont déclenchées; nous allons être plus sensibles à ces détournements d’amygdales. Ces réactions peuvent se répandre à des moments étranges. Par exemple, je me suis aperçu ressentir des éclairs de colère soudains et intenses suite à des tensions mineures dans mes relations virtuelles avec mes collègues.

Pour se remettre d’un détournement de l’amygdale, nous dit Goleman, nous devons réengager le cortex pré-frontal, la partie de notre cerveau qui planifie et raisonne. Une technique clé pour le faire est l’étiquetage. Parce que le langage est dans le domaine du cortex pré-frontal, lorsque nous pouvons utiliser le langage pour nommer la réaction que nous avons, il commence à se réactiver. Nous pouvons étiqueter l’émotion que nous ressentons, ce qu’est le sentiment et pourquoi cela compte pour nous. Nous pouvons aussi nous dire: « Je suis en train d’avoir un détournement d’amygdale en ce moment. »Cela en soi nous donnera plus de distance par rapport à notre propre réaction. Une autre chose que nous pouvons faire est de respirer profondément. Respirer profondément encourage la réponse de relaxation, qui est le complément de la réponse de combat ou de fuite.

L’une des choses les plus importantes à propos des changements qui perturbent nos vies aujourd’hui est qu’ils mettent véritablement la vie en danger. Les changements auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui ont une valeur de survie réelle pour nous-mêmes et nos proches. Lorsque nous comparons cela avec le genre de problèmes qui nous dérangeaient il y a six semaines, cela met vraiment les choses en perspective. Si pendant ces périodes, nous sommes en mesure de nous remettre rapidement des détournements d’amygdales, nous devrions être d’autant plus prêts pour les provocations relativement mineures de notre vie quotidienne lorsque cette crise est passée.

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