Valeur diagnostique des schémas de dyssynergie ventriculaire gauche dans la cardiomyopathie ischémique et non ischémique

Contexte: La distinction entre cardiomyopathie ischémique et non ischémique a des implications cliniques importantes. L’objectif de la présente étude était de déterminer si les schémas de dyssynergie ventriculaire gauche, détectés par analyse quantitative d’images échographiques, différaient dans ces deux processus pathologiques.

Méthodes: Cinquante-six patients consécutifs présentant une insuffisance cardiaque congestive (classe fonctionnelle II-IV de l’Association cardiaque de New York) secondaire à une fonction systolique ventriculaire gauche déprimée (fraction d’éjection < ou = 35% pendant le cathétérisme cardiaque diagnostique) ont été étudiés. Vingt patients ont été éliminés d’une analyse plus poussée parce qu’ils répondaient à un ou plusieurs critères d’exclusion. Les 36 autres ont été divisés en deux groupes en fonction de la présence (cardiomyopathie ischémique) ou de l’absence (cardiomyopathie non ischémique) d’un > ou = rétrécissement de 50% du diamètre luminal dans une ou plusieurs artères coronaires. Chez tous les patients, une étude échocardiographique bidimensionnelle standard a été obtenue. Des vues apicales à quatre et deux chambres avec une résolution endocardiaque et épicardique optimale ont été sélectionnées pour analyse, et le contour ventriculaire gauche a été divisé en six segments d’intérêt. La résolution endocardiaque et épicardique optimale a été définie selon un système de score de qualité interne original. Pour chacun des six segments d’intérêt, la fraction d’éjection régionale et l’épaississement segmentaire régional ont été estimés. L’analyse des données a ensuite été réalisée sur les valeurs moyennes de la fraction d’éjection régionale et de l’épaississement segmentaire régional obtenues sur tout le contour ventriculaire gauche. Chez chaque patient, la plage de fraction d’éjection régionale et la plage d’épaississement segmentaire régionale ont été calculées en soustrayant la valeur minimale de la valeur maximale de la fraction d’éjection régionale et de l’épaississement segmentaire régional obtenus sur un contour ventriculaire gauche.

Résultats: La fraction d’éjection régionale et l’épaississement segmentaire régional ne différaient pas significativement entre les deux groupes. Cependant, la plage de fraction d’éjection régionale et la plage d’épaississement segmentaire régionale étaient significativement plus grandes chez les patients atteints de cardiomyopathie ischémique que chez les patients atteints de cardiomyopathie non ischémique. Un chevauchement des résultats a été observé dans 20% des valeurs de la plage de fraction d’éjection régionale, mais dans seulement 14% de celles de la plage d’épaississement segmentaire régionale.

Conclusions: Les patients atteints de cardiomyopathie ischémique présentent une dyssynergie non uniforme qui peut être différenciée d’une hypokinèse plus uniforme observée chez ceux atteints de cardiomyopathie non ischémique. L’analyse d’images par ultrasons informatisée peut distinguer les schémas dyssynergiques caractéristiques chez les patients atteints de cardiomyopathie. Les mesures de l’épaississement des parois segmentaires fournissent une évaluation plus précise de la fonction régionale.

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